Contexture

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Note préalable 
la notion de "contexture" dans le sens général utilisé ici procède d'une analyse de recherche participative [1] montpelliéraine. [2]. Ce travail, poursuivi par CommonData [3] conduit à la notion de "contexture" comme étant la description de ce que nous percevons, visible et invisible, que nous percevons. Ce sont des concepts nouveaux qui facilitent la compréhension du monde de la société de l'information dans lequel nous sommes entrés, comme fait :
  • du visible (monde physique et quantique) ;
  • de l'invisible (anoptique - Olivier Auber -, c'est à dire le vaste champs de recherche de tout ce qui n'obéit pas aux règles de l'optique) mais que semble pouvoir, au moins partiellement, simuler le numérique ;
  • et du lisible : tout le savoir que, connaissance filtrée par la raison, la science, l'expérience et la réflexion ont accumulé : c'est la sapience, c'est à dire le bien commun de la mutualisation des savoirs de la multitude de tous les chacun. Sa compilation au fil des siècles par l'université est questionnée par la découverte collective de la "vie numérique" : c'est le rôle du projet NumeRev de Montpellier que d'en découvrir les modalités étendues.
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L'analyse de ce "lisible" permet un diagnostic clair : ce qui se passe actuellement, pile-poil à l'heure annoncée, c'est la singularité technologique : big-data, gilets jaunes, cobocratie, "assistants personnels", grand débat, etc. dont on (cf. Raymond Kurzweil, Google [4]) nous a rebattu les oreilles comme le moment où "les ordinateurs" prendraient le pas sur nous, les proto-"posthumains". Ceci n'est pas typique de la France.

Cela se passe comme à chaque fois qu'une évolution sociale décisive est introduite. Il y a ceux qui s'en servent un temps, par la violence, la force, la loi, l'argent, l’esbroufe ou les boniments [5], pour prendre avantage sur ceux qui ne se l'on pas encore appropriée. Cela crée des remous, des conflits, des révolutions, des guerres ... jusqu'à ce qu'un nouvel équilibre émerge et que cet équilibre se retrouve dans un ordre social adapté aux conditions nouvelles, et soit acceptable au plus grand nombre.

Cela s’appelait sélection naturelle. On l'identifie comme un changement de paradigme. Maintenant la technologie nous aide à mieux le mesurer à l'aulne du concept de multitude, identifié par Machiavel et théorisé par Spinoza dans le contexte de la philosophie politique. Ses conséquences ont été maîtrisée un temps par Hobbes, Louis XIV et Westphalie, en faisant appel à son morcèlement en peuples dotés d'un Etat. Il a été remis en lumière quotidienne par le développement scientifique, industriel, économique, démographique et communicationnel des deux derniers siècles. L'on comprend de mieux en mieux la multitude comme le cadre complexe d'une tenségrité universelle en auto-organisation critique permanente.

C'est à dire un univers où :

  • tout est lié du nano au macro [6],
  • dont l'équilibre est la somme des tensions de ces liens,
  • et dont le mouvement provient de leurs réajustements constants aux contraintes propres au nombre immense des chacuns de ce tout.

C'est l'émergence d'une philosophie de la technologie, ou mieux d'une technosophie, pendant de l'écologie où :

  • l'écologie traite des question posées à l'homme par la nature,
  • la philosophie traite des questions posées à l'homme par l'homme,
  • la technosophie traite des questions posées à l'homme par sa propre "extension" créative" (poïesis) qu'est la technologie.


Nous avons bien vu que ceci nous amenait à une société de l'information où les autonomies ont besoin de connaitre leur environnement et de savoir la nomologie [7] de leurs options physiques et anoptiques (non physiques). Nous avons convoqué un double sommet mondial de l'ONU au sujet de ce nouveau contexte sociétal (SMSI) de la "société de l'information", dont l'économie internationale n'a guère suivi les recommandations, observant que la théorie de l'information et de la communication nous faisait vivre localement (au niveau des individus) dans une contexture entropique (usure, effondrement, collapsionnisme) dont certains, plus-connaissants, pouvaient tirer profit.

Nous découvrons peu à peu, que la grammaire de l'univers informationnel est globalement (au niveau de tous et de nos synergies) néguentropique (évolution générale soumise à de multiples sélections naturelles, sociales, économiques, etc.) : nous en sommes désorientés et nous avons à trouver comment en tirer tous un parti, peut-être plein d'espoir, pour notre propre multitude des chacuns de nous.

L'Univers continue d'évoluer tout seul : nous devons suivre !!!
Nous n'en deviendrons pas des post-humains, mais notre société en devient postmoderne.

Nous "sortons de la forêt" du monde analogique et nous conquérons l'espace diginumérique. Nous avons chassé et cueilli, nous avons cultivé et élevé, nous avons monétisé et fait commerce, conquis et industrialisé. Maintenant nous développons et organisons des systèmes hybrides "fils et machines d'Homme", nous avons approfondi la complexité, nous "écri-bali-lisons" sur des écrans, nous parlons en usant de mots et de bots globaux qui se croisent trans-disciplinairement, tout en faisant le tour du monde mais en restant soumis aux lois locales. Par le mnème [8] et son bruit de big data, notre futur devient algorithmiquement l'écho présent de notre passé ... et de la dette économique accumulée qui en fait partie.

Nous en sommes dépossédés de nous-mêmes, aussi nous avons à nous recapaciter. Nous finissons l'âge de la pierre taillée et nous rentrons dans celui de la pierre polie (de silicium), ce que d'aucun voient aussi comme un anthropocène. Pour cela nous avons besoin de trois choses :

  • de la facilitation cobotique de collaborateurs informatiques personnels d'absolue confiance ;
  • d'une augmentation numérique ubiquiste et pervasive dont notre multitude anthropobotique ;
  • que tout cela soit "people centered, à dimension humaine, centrada en la persona" selon le consensus du SMSI, pour une appropriation de banalité quotidienne simple à la mesure de nos vécus personnels.

Mais ... il n'est rien de plus difficile de faire simple !

C'est notre tâche. Venez nous y aider !


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  1. co-recherche entre l'université, la société civile et, le cas échéant, le secteur privé. cf. Charte Sciences_et_Recherches_participatives. Montpellier en a accueilli mes premières assises en juillet 2017, à le MSH à Saint-Charles.
  2. L'équipe du CERIC-LERASS, dirigée par Céline Paganelli, de la MSH (Maison des Sciences Humaines) de Montpellier, dans la ligne du Pr. Mucchielli, maintenant à la Sorbonne, participe activement à un travail de relecture des termes scientifiques de notre contexte actuel.
  3. dans leur contexte juridique (continué par l'équipe de Chercheurs Libres de MonpelNet).
  4. Job description: "to bring natural language understanding to Google"
  5. dont les "fake-news" et le posthumain !
  6. on pourra en appeler "interligence" le substrat complexe.
  7. l'ensemble des lois de toute nature qui s'appliquent. Néologisme : "nomodata" de leur leur quantification informationnelle.
  8. Mnème : l'ensemble des traces du passé qui dans le présent influent l'avenir. Notion due à AM Ampère, inventeur des mots "cybernétique" et "mnématique".